
AÉROPORT
Taipei ne cherche pas à impressionner.
Après les aéroports futuristes de Hong Kong ou de Séoul, celui de Taipei paraît presque modeste. Petit, fonctionnel, sans clinquant. Les matériaux sont simples, l'architecture discrète. Rien ici ne semble vouloir éblouir le voyageur.
Et pourtant, quelques minutes suffisent pour comprendre que le luxe se trouve ailleurs.
Un employé vient spontanément nous aider à remplir les formalités d'entrée sur son téléphone, avec une patience et une gentillesse désarmantes. Premier contact avec Taïwan. Premier sourire.
Le contraste est amusant lorsque l'on découvre ensuite le salon Cathay Pacific : vaste, élégant, parfaitement calme. Le service est irréprochable. Le Dry Martini, préparé devant nous par un barman passionné, est probablement l'un des meilleurs que j'aie dégustés en voyage.
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TRANSFERT
À peine sortis du terminal, un taxi nous attend presque déjà. Une employée vérifie soigneusement l'adresse de notre hôtel avant de la transmettre au chauffeur. Tout semble simple. Naturel.
Nous avions pourtant réservé un transfert privé. Je l'avais complètement oublié dans le tourbillon des vols et des correspondances.
Le trajet jusqu'au centre dure près d'une heure. Étrangement, aucun embouteillage. Je n'en verrai pratiquement jamais durant tout le séjour.
La route traverse une végétation spectaculaire. Une nature tropicale, dense, humide, presque sauvage. Les arbres disparaissent sous les mousses, les collines semblent respirer sous la pluie. Ici, l'humidité fait partie du paysage.
PREMIERS INSTANTS
Puis Taipei apparaît.
La ville ne se dévoile pas. Elle se laisse deviner.
Au premier regard, impossible de la comprendre. Est-elle riche ? Populaire ? Moderne ? Ancienne ? Tout semble se mélanger. Les immeubles vieillissants côtoient les tours de verre. Rien n'est démonstratif.
Taipei ne cherche décidément jamais à séduire au premier regard.
QUARTIERS
Peu à peu, les quartiers changent.
Les avenues s'élargissent, les immeubles deviennent plus élégants, les boutiques plus raffinées. On comprend alors que Taïwan est un pays prospère. Une prospérité discrète, presque silencieuse.
On me raconte qu'ici, lorsqu'on achète chez Hermès ou dans une autre grande maison de luxe, beaucoup de clients demandent un sac neutre pour quitter la boutique.
Comme si la véritable élégance consistait précisément à ne pas l'afficher.
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BIPOLAIRE
Taïwan semble vivre entre deux mondes.
L'histoire y a laissé ses traces. L'influence chinoise est partout : dans l'énergie, dans l'intensité de la ville, dans cette impression de mouvement permanent.
Mais le Japon (ancienne puissance coloniale) n'est jamais très loin. Il reste dans la politesse, le sens de l'ordre, la retenue, la délicatesse des gestes.
Cette double identité donne à Taïwan une personnalité singulière. Impossible de la comparer à un autre pays d'Asie.
TROPICAL
Le ciel décide de tout.
Une pluie torrentielle s'abat sans prévenir. Dix minutes plus tard, le soleil revient comme si rien ne s'était passé. Puis l'averse recommence.
On comprend vite pourquoi chaque hôtel met des parapluies à la disposition de ses clients.
À Taipei, on ne consulte pas la météo. On la vit.
POLITESSE
Les Taïwanais possèdent une forme de gentillesse qui ne paraît jamais forcée.
Dans une petite boutique, je m'intéresse à un diffuseur électrique de parfum. La vendeuse m'explique qu'il s'agit du modèle d'exposition et propose aussitôt de me le donner.
Je refuse évidemment et insiste pour le payer.
Elle sourit.
Ce simple échange résume finalement beaucoup de ce que je retiendrai de Taïwan.
TEMPLES
À Taipei, les temples surgissent au détour d'une rue, entre deux immeubles, parfois au milieu du bruit de la circulation.
On y entre presque naturellement.
À l'intérieur, le temps ralentit.
L'encens flotte dans l'air, les lanternes diffusent une lumière chaude, les fidèles prient dans un silence étonnant malgré la ville qui continue de vivre à quelques mètres.
On ressort apaisé.
Comme si, ici, la spiritualité faisait simplement partie du quotidien.


























